Le Castello Sforza à Milan

4 - A Milan au service des Sforza (1482-1499)

Déçu par sa carrière florentine, Léonard de Vinci écrit donc en 1482 une véritable lettre de candidature spontanée à Ludovico Sforza, dit le More (1452-1508), duc de Milan, où il décrit les nombreuses et diverses choses merveilleuses qu’il pourrait faire dans le domaine de l’ingénierie ; il informe le seigneur qu’il peut aussi peindre.

Ludovico Sforza, chef de guerre mais également mécène qui entend développer le rayonnement culturel de Milan a du mal à se laisser convaincre et l’emploie tout d'abord à des tâches diverses sous le titre honorifique d’Apelle florentin. Il est est ainsi ordonnateur de fêtes et de spectacles aux décors somptueux et invente des machines de théâtre qui émerveillent le public, tout en élaborant des projets urbanistiques et architecturaux. Puis Léonard est porté sur la liste des ingénieurs des Sforza et est qualifié d'ingeniarius ducalis.

Dans le domaine artistique, cette période est très féconde puisqu'elle voit la création de nombreuses œuvres célèbres : de 1483 à 1486 la première version de la «La Vierge aux rochers» (4.1), en 1485 «La dame à l'hermine» (4.2), en 1490 le «Portrait de musicien» (4.3), et de 1495 à 1497 «La belle ferronière» (4.4).

L'attribution à Léonard de deux autres tableaux n'est pas certaine, il s'agit de «La dame à la résille de perles» (4.5) et de la «Madone Litta» (4.6).

Mais c'est surtout la fresque de «La Cène» - le dernier repas de Jésus entouré de ses douze apôtres - réalisée entre 1494 et 1498 dans le réfectoire du couvent de l'église Santa Maria delle Grazie - qui va marquer le séjour milanais de Léonard. Immense œuvre de plus de 8 mètres sur 4, elle se dégradera malheureusement très vite à cause de la technique utilisée de peinture à sec au lieu de «a fresco». Elle a donc subi au cours des siècles pas moins de six restaurations successives ! 

Ces années milanaises ont été également consacrées à la gigantesque statue équestre à la gloire de Francesco Sforza, le père de Ludovico, qui lui prendra plus de dix ans d'études avant de réaliser un modèle en argile, la statue en bronze ne voyant pas le jour de son vivant à cause de l'invasion française de 1499.
Cependant, à la fin de ce XVe siècle, Léonard de Vinci a réussi à acquérir une renommée internationale : les élites occidentales de l'époque ont remarqué qu'un créateur aux ambitions un peu folles travaillait au service des Sforza.


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